Le patrimoine

La chapelle Saint-Guignan

Chapelle de plan rectangulaire mentionnée dès le XIè siècle et restaurée au milieu du XIXè siècle (principalement le clocheton). C’est probablement là, la chapelle Saint-Ninian évoquée dès le XIè siècle et dont une dîmerie de Plouagat portait le nom au XIIè siècle. Il existe près de la chapelle une fontaine dite sacrée qui alimente un bassin restauré dans les années 80 où, autrefois, les chevaux étaient baignés pour les préserver des maladies. Cette cérémonie avait lieu tous les ans, le 24 juin (jour de la Saint-Eloi, saint patron des chevaux, et de la Saint-Jean-Baptiste, saint patron de l’église paroissiale). Un autre pardon avait lieu le 1er dimanche de mai (jour de la Saint-Guignan). Aujourd’hui encore un pardon a lieu à cette date et des festivités sont organisées par le comité des fêtes.

Histoire :

Le nom de saint Guignan vient probablement de saint Nimian, moine irlandais du IVè siècle qui, avec d’autres moines aurait participé à l’évangélisation de l’Ecosse.

Par acte du 11 avril 1460, la duchesse Françoise d’Amboise avait acheté de Jean Eder cette dîme, dite alors “dixme de Saint-Guenien” en Plouagat-Châtelaudren dont Saint-Jean-Kerdaniel fait alors partie. Elle la transporta, avec d’autres, aux dames de Nazareth, couvent fondé au Bondon près de Vannes par contrat du 11 février 1466.

Patrimoine :

  • statues anciennes : Sainte-Trinité, saint Eloi et deux statues sans nom
  • statue de saint Guignan (sculptée par Pierre Le Louarn)
  • autel (restauré par Jean-Pierre Keromen)
  • vitraux du XVè siècle (proviennent de l’ancienne église de Saint-Agathon) dont saint Eloi bénissant les chevaux
  • pennon aux armes de Rosmar (sur le pignon ouest)

La croix Ellien ou croix de Kerfontan

 En 1555, un ecclésiastique nommé Illien, qui donne son nom au village proche, fait édifier cette croix à ses frais, au carrefour appelé alors Poul-ar-Spernen. Son nom est gravé sur l’une des pierres du piédestal. Selon la légende, l’abbé est assassiné au pied même de la croix par les brigands qui peuplent alors le bois proche de Malaunay. Sur le haut du calvaire, l’archange saint Michel déploie ses ailes sur la croix. De l’autre côté on trouve la sainte Vierge et saint Jean. Cette croix échappe au vandalisme des révolutionnaires grâce à un dénommé Maros qui, avec ses frères, tient tête au procureur de la commune.

La croix est classée à l’inventaire des monuments historique depuis 1926.

 

L'église Saint Jean-Baptiste

En forme de croix latine et de style néogothique, avec clocher extérieur et chœur accosté de deux chapelles dont l’une sert de sacristie.

Histoire :

C’est en 1581 que la famille de Rosmar, alors propriétaire du château, fit construire une chapelle privée qui fut cédée à la trève suivant l’acte du 28 octobre 1656, ainsi qu’un terrain pour le futur cimetière. La famille de Guébriant fait agrandir la chapelle en 1838 et érige un clocher. Malgré toutes ces reconstructions, la vieille église menace de s’effondrer et en 1874 le Vicomte de Guébriant décide d’édifier une nouvelle. La construction de l’édifice s’étale sur 10 ans (de janvier 1874 à août 1884). La première pierre fut bénite le 27 septembre 1874. L’église fut consacrée par Mgr Siciliano di Rende (nonce apostolique – ambassadeur du Vatican – et archevêque de Bénévent en Italie), l’évêque de Saint-Brieuc Mgr Augustin David et l’évêque de Hiéropolis (Turquie) le 2 août 1884. Une plaque de marbre située dans l’église (transept est) rappelle cette consécration.

En 1874, en reconstruisant l’église de la commune, on trouva sous le dallage de l’ancienne une belle pierre tombale sculptée en haut relief représentant Guy de Rosmar, seigneur de Kerdaniel et de Coatmohan, en chevalier du XVè siècle, portant son écusson sur la poitrine et sa miséricorde (dague) entre les jambes. Sa femme, Jeanne Le Noir, dame de Bringolo, est en longue robe, son écusson posé sur sa poitrine. Aux pieds des deux personnages sont couchés un lion et une levrette. Des angelots supportent les coussins sur lesquels reposent leur tête. Ce gisant fut placé en 1910 sur un soubassement rectangulaire en périphérie duquel est gravée une inscription qui permet de l’identifier.

L’église devient propriété de la commune en application de la loi de séparation de l’église et de l’état du 9 décembre 1905.

Suite à une rénovation récente et après quelques années de fermeture au public, l’église Saint-Jean-Baptiste a pu accueillir à nouveau les fidèles en décembre 2007.

 

Le château de Kerdaniel

A l’origine se trouve probablement ici le château des Rosmar, seigneurs de Kerdaniel. L’arrivée de la famille de Guébriant en 1600 correspond à la construction d’un château, auquel succède l’édifice actuel érigé au milieu du XIXè siècle, entouré d’un parc de 50 hectares. Le paysagiste serait celui qui a dessiné les lacs du bois de Boulogne.

A quelques pas du château, la tour ronde est le seul vestige de l’ancien château du XVè siècle. En 1850, elle est flanquée d’une tour carrée de style gothique portant une horloge.

L’orangerie, de facture plus récente, a remplacé un bâtiment plus ancien. C’est dans ce dernier que le comte de Guébriant et son épouse reçoivent en 1884, à l’occasion de la consécration de l’église paroissiale, les dignitaires de haut rang de la hiérarchie catholique, la maîtrise de la cathédrale de Saint-Brieuc et de très nombreux autres convives.

Enfin, l’aspect crénelé et « château fort » du portail n’est bien sûr qu’un élément ornemental. Le blason des Guébriant occupe le centre de l’édifice. Un mur d’enceinte clos la propriété sur plus de deux kilomètres et l’isole des habitations du bourg.

Attention, le château est une propriété privée.